« Désolé, mon anglais ne sera jamais à la hauteur »

Leonilda Renaldo

“Désolé, votre anglais n’est pas assez bon pour les affaires ». Est-ce que c’est moi, ou ces mots coupent-ils comme un couteau parce qu’ils pointent du doigt nos insuffisances ? Pourtant c’est ce que vous vous répétez sans cesse quand un mot de vocabulaire vous échappe dans une réunion.

Vous êtes paralysé.e par la peur en réalisant qu’après toutes les années passées à apprendre l’anglais, ce n’est tout simplement pas assez bien.

Je suis sûre que nous avons tous vécu ce moment très embarrassant au travail lorsque notre interlocuteur « native English » utilise une expression nouvelle (généralement idiomatique) en plein milieu d’une discussion décisive, il n’y a pas de retour en arrière, que faire ?

Et vous vous dites :

– « Je ne serai jamais à la hauteur, je ne suis tout simplement pas fait pour cette langue, mon anglais n’est pas assez bon. »

– « Alors, je vais travailler plus dur ou j’abandonne tout court.”

Appel à tous les cadres d’entreprise qui ne savent pas quoi faire lorsqu’ils ne comprennent pas l’anglais parlé par un natif.

La fierté de la Suisse, le champion de tennis professionnel Roger Federer, a fait exactement cela devant des milliers de personnes à Wimbledon. Regardez ce clip pour voir comment Roger a demandé de la clarté à son interlocuteur. 

« J’ai eu un trou de mémoire quand je n’ai pas reconnu ce que vous avez dit ». Son interlocuteur a reformulé sa question et Roger, soulagé, a déclaré : « Ah, c’est ça, maintenant je sais de quoi vous parlez ». Il faut beaucoup de courage et d’humilité pour faire ce qu’il a fait.  Il a fait plus de place à communiquer qu’à son ego (il aurait pu faire semblant d’avoir compris). Pour injecter un peu d’humour, il admet ensuite que « son anglais n’était pas assez bon ».

Roger a un niveau C2+ en anglais, un niveau très avancé, et pourtant il y avait une expression idiomatique qu’il ne comprenait pas.

Ce n’est pas que vous ayez une mauvaise mémoire ou que vous soyez plutôt du genre mathématique que linguistique. C’est le fait que vous vous répétez sans cesse « mon anglais n’est pas assez bon », « je suis désolé ». Pourquoi êtes-vous désolé ? Ces excuses ou cette justification vous permettent-elles de parler plus facilement et de participer à des conversations décisives ? Quel est le résultat que vous souhaitez obtenir en faisant cette confession que vous avez un mauvais anglais ?  La répétition constante de ces mots indique à votre cerveau et à votre interlocuteur que vous n’êtes pas crédible, que vous ne serez jamais à la hauteur pour faire des affaires.

Il y a deux côtés à l’aveu d’un mauvais anglais 

1/quand on le dit avec confiance, cela peut inciter l’interlocuteur à clarifier (c’est ce que Roger a fait) – vous n’êtes plus sous les projecteurs.

2/Lorsque vous vous excusez, les projecteurs sont braqués sur votre incompétence et vous déresponsabilisent. Ne soyez pas surpris si votre interlocuteur ralentit soudainement son discours, confondant compréhension et surdité.

La communication est une responsabilité partagée entre l’orateur et l’auditeur. Il est de votre responsabilité de dire que vous n’avez pas compris. Il existe des moyens de le faire sans que vous ne perdiez la moindre peau dans le processus. Après tout, nous ne sommes pas Roger Federer qui peut bénéficier du soutien inconditionnel de ses fans, qui le trouvent adorable. Mais nous méritons de la clarté.

Grâce aux efforts de diversité et d’inclusion dans les entreprises, la langue anglaise est en constante évolution. Le Global English ou Globish est là pour rester et si les locuteurs natifs ne s’adaptent pas et ne filtrent pas leur anglais lorsqu’ils communiquent avec des non natifs, ils se retrouveront désemparés.

Le monde entier est une scène, les hommes et les femmes ne sont que des acteurs. Positionnez-vous de manière à faire partie de la conversation et non à en être écarté. 

Avant votre prochaine conversation avec un interlocuteur natif, vous devez être préparé émotionnellement, voici ce que vous devez savoir :

  • Il y a 378 millions de locuteurs natifs de l’anglais dans le monde, et 743 millions* de locuteurs non natifs de l’anglais. Les anglophones de naissance devront s’adapter et apprendre à filtrer leur anglais lorsqu’ils communiquent avec des non-anglophones. *Ethnologue, 21ème édition
  • Lorsque, comme Roger, vous ne comprenez vraiment pas ce que votre interlocuteur est en train de dire intervenez avec élégance : « For the sake of clarity, would you mind rephrasing? » (cela évitera à votre interlocuteur de devoir répéter la même phrase plusieurs fois (comme dans la vidéo). Ne marinez pas dans l’incompréhension !
  • Remplacez « My English isn’t good enough » par « it sounds like I’m learning something new today ».

La réussite linguistique à long terme dans la salle de réunion commence par la façon dont vous vous positionnez. Pour que votre anglais soit suffisant, reconnaissez votre valeur et demandez la clarté à votre interlocuteur avec grace et élégance. Vous voulez être capable non seulement de parler, mais aussi d’influencer au sein de votre équipe et de votre entreprise. Ne pas vous exprimer, c’est renoncer à votre crédibilité. La maîtrise d’une langue se fait tout au long de la vie, acceptez-le. Roger Federer apprend toujours de nouvelles expressions et idiomes sans se prendre trop au sérieux.

Si vous avez besoin de prendre la parole pour ne plus être réduit au silence dans une situation professionnelle, je serai heureuse de vous accompagner. Envoyez un courriel à contact@leonildarenaldo.com ou remplissez l’inscription pour le programme Boardroom English®

Je m’appelle Leonilda Renaldo et je suis la fondatrice de LeoDynamics. J’enseigne aux cadres moyens et supérieurs à maîtriser les situations professionnel où l’anglais est indispensable.

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